10 novembre 2021 - Revue de presse

Magazine Générations : Mieux accompagner les patients atteints du cancer de la prostate_

Mieux accompagner les patients atteints du cancer de la prostate

Offrir un accompagnement par une seule personne de référence tout au long du parcours du patient, c’est ce que la Clinique de La Source proposera dans son nouveau Centre spécialisé consacré à ce mal typiquement masculin. Explications.


En ce mois de novembre consacré au cancer de la prostate, il est utile de rappeler que, chaque année, 6400 nouveaux cas sont diagnostiqués en Suisse. Cette maladie est par ailleursla deuxième cause de mortalité chez les hommes. Afin de mieux encadrer ces derniers, la Clinique de La Source ouvrira, au début de l’année, un Centre de la prostate. Objectif de cette nouvelle structure : offrir une prise en charge infirmière tout au long du parcours de soin : de la pose du diagnostic jusqu’à la dernière séance de traitement. 

« Une fois le diagnostic posé et avant même de commencer les soins, nous allons convoquer le patient pour connaître ses besoins, ses ressources, ses craintes et lui fournir les informations nécessaires afin que son traitement se passe au mieux, explique Mira Marhefkova, infirmière clinicienne. La consultation infirmière du futur Centre de la prostate permettra de faire le lien entre le patient et son médecin ainsi que les différents soignants. Le patient n’aura alors, en plus de ses médecins, qu’une seule personne de référence qui le suivra et connaîtra non seulement son dossier médical mais aussi ses besoins. » 

 

Infirmière clinicienne Clinique de La Source
Mme Mira Marhefkova, Infirmière clinicienne
Dr Christian Gygi, Médecin spécialiste en urologie
Dr Christian Gygi, Médecin spécialiste en urologie
 
 

 

 

 

Plusieurs options 

Lorsqu’un cancer de la prostate est diagnostiqué, différentes options sont envisageables en fonction de l’âge du patient, de la tumeur, du stade de son développement, entre autres. « Chaque cas est discuté lors de notre tumor board (NDLR, réunion) qui est composé d’une équipe pluridisciplinaire (urologues, radiologues, oncologues, radio oncologues, pathologistes, infirmières, etc.), explique le Dr Christian Gygi, urologue. A la suite de cette discussion, nous proposons au patient le traitement le plus indiqué (lire encadré). Lorsque nous le voyons en consultation pour lui présenter la proposition du tumor board, il est souvent sous le choc et ne retient pas forcément toutes les informations qu’il reçoit. Le mieux est de venir avec sa compagne ou une personne proche afin que deux personnes entendent les informations que nous fournissons. Par la suite, la consultation infirmière du nouveau Centre de compétence permettra au patient de rediscuter calmement de son futur traitement. L’infirmière clinicienne pourra ainsi s’assurer qu’il a bien compris. »

Utile avant de commencer le traitement, cette consultation le sera aussi à chaque étape du parcours du patient : entre les séances de radiothérapie pour s’assurer que les effets secondaires sont bien tolérés, pour planifier les rendez-vous de physiothérapie, pour s’assurer que les médicaments prescrits sont pris correctement ou simplement pour rassurer le patient entre deux contrôles chez l’urologue. « Le Centre de la prostate devrait prendre en charge environ 150 nouveaux patients par an. La consultation infirmière ne sera certainement pas sollicitée de la même manière d’une personne à l’autre, mais elle sera à disposition pour répondre aux besoins de chaque malade », explique Mira Marhefkova. Les effets secondaires des traitements du carcinome de la prostate peuvent entraîner des troubles érectiles et de l’incontinence urinaire. Des aspects délicats qu’un patient ne peut discuter que s’il se sent en confiance. Le fait d’avoir la même infirmière présente à son côté depuis le début de sa prise en charge aide énormément à établir ce type de climat. » 

Une fois les traitements terminés, le patient peut, à tout moment, solliciter la consultation infirmière s’il en ressent la nécessité. 

 

Yseult Théraulaz

 

 

UN CRABE QU’IL NE FAUT PAS FORCÉMENT TRAITER

Le cancer de la prostate, aussi appelé « carcinome de la prostate », touche principalement les hommes de plus de 65 ans. Dès l’âge de 50 ans, ces derniers devraient se soumettre chaque année à une prise de sang afin de doser le PSA, une protéine sécrétée par la prostate et dont les valeurs élevées indiquent la présence d’une possible problématique prostatique (infection, inflammation, hypertrophie ou cancer). En cas d’antécédents familiaux de cancer de la prostate ou du sein, ce suivi devrait commencer dès 45 ans. Lorsque le cancer est diagnostiqué tôt, il arrive souvent qu’aucune intervention chirurgicale ou curative ne soit prescrite. La surveillance active peut suffire. Ainsi, un homme qui souffre d’un carcinome de la prostate à un stade précoce ou peu agressif, devra se soumettre à un dosage du PSA tous les trois à six mois et à une IRM annuelle, avec également des biopsies. Si l’évolution est lente, un homme peut vivre très longtemps avec un carcinome de la prostate sans ressentir aucun inconfort. 

Lorsque la tumeur est plus agressive ou à un stade plus avancé, il est parfois indiqué de retirer la prostate chirurgicalement. Des séances de radiothérapie peuvent être proposées en complément à la chirurgie ou sans cette dernière. Malheureusement, ces traitements entraînent parfois des effets secondaires, tels que dysfonction érectile et, aussi parfois, une incontinence urinaire. La physiothérapie est alors prescrite pour tenter de récupérer une bonne continence. Pour les problèmes érectiles des comprimés peuvent être prescrits. En cas d’inefficacité, des injections dans la verge ou l’usage d’une pompe à vide ou d’anneaux péniens peuvent être proposés. 

Lorsque la tumeur est agressive et a provoqué des métastases, la chimiothérapie et l’hormonothérapie sont envisagées afin de ralentir la progression de la maladie. 

 

Parution : Magazine Générations, novembre 2021